Notre Histoire

Ce furent les Gaulois qui adaptèrent la vigne méditerranéenne du conquérant Romain à des climats océaniques. Les vignobles bordelais naissent ainsi de la rencontre de deux civilisations d’amoureux du vin.

Le véritable essor viticole ne débute qu’au Moyen-Age. A cette époque, les premières vignes sont plantées au cœur même de la ville de Bordeaux et dans ses alentours, sur des terres pauvres et caillouteuses impropres à toute autre culture.

En 1152, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le roi d'Angleterre Henry II apporte la prospérité. Celle-ci viendra s'appuyer sur l'octroi à la « Banlieue » du fameux « Privilège ». Cette loi empêche alors tout import de vins extérieurs à Bordeaux, et ce jusqu’à épuisement des stocks. Les vignobles de Bordeaux s'épanouissent ainsi loin de toute concurrence déloyale.
La croissance de la demande locale et internationale couplée à l’essor des domaines viticoles, qui se trouvaient à l’étroit dans les limites de la cité, força peu à peu l’extension de la « Banlieue  Prévôtale » aux limites Sud et Est des terres bordelaises, incluant alors le langonnais, les domaines de La Brède, Mérignac et Martillac, amenant une plus grande diversité de sols.

L’Age d’or s’ouvre au XIVème siècle avec l’engouement pour le « clairet ». Ce vin rosé connût alors un grand succès de par sa vivacité et son caractère rafraichissant, qui plaisait fortement au marchand des ports d’Angleterre et de la Hanse. Les vignobles du bordelais en vinrent à ne produire que 17% de vin rouge, pour 80% de vins rosés, les vins blancs étant alors anecdotiques dans cette région.

Du XVIème au XVIIIème siècle, se constituèrent de grands domaines attachés à la production de vins de qualité. Ces vins qui figurent alors sous le nom commun de « vins de Graves », étaient considérés comme le vin de Bordeaux par excellence. Les exportations vers l'Angleterre et le nord de l'Europe vont bon train. La côte des Graves domine alors le marché jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.

Surmontant les crises viticoles successives des XIXème et XXème siècles liées aux maladies (oïdium, mildiou et phylloxera), aux gelées hivernales de 1956, aux poussées de l'urbanisation des agglomérations bordelaise et langonnaise ainsi qu’à la concurrence des vins du Nouveau Monde, le renouveau économique des vins de Bordeaux est  amorcé dans les années 1970. 

Les vins de Graves profitent pleinement de celui-ci, et retrouvent peu à peu leurs surface et leur rang historique parmi les grandes appellations du bordelais.

 
Bibliographie : Vignobles et vignerons du bordelais 1850-1980, Philippe Roudié (Edition FERET)